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Portraits de chercheurs

Le Fondation des maladies du cœur finance actuellement plus de 900 chercheurs et équipes de recherche au sein d’établissement médicaux, universités et hôpitaux au Canada. Leur objectif est d’éliminer les maladies du cœur et les accidents vasculaires cérébraux et d’améliorer la qualité de vie de milliers de Canadiens et Canadiennes qui souffrent de ces problèmes de santé.

TOUT EST POSSIBLE QUAND ON Y MET DU CŒUR

Voici quelques-unes de leurs histoires.

Remédier au manque de donneurs de sang
Dr Ross MacGillivray

Sauver les cellules cérébrales après un AVC
Dre Kathryn Todd

Prévenir les AVC chez les enfants
Dr Marc Del Bigio

Suivre l’évolution des maladies du cœur
Dr Peter Liu

Mettre à nu le cholestérol
Dre Marlys Koschinsky

À la chasse des gènes responsables des maladies du cœur et du diabète
Dr Robert A. Hegele

Régénérer les cellules du cœur
Dre Jolanta Gutkowska



Remédier au manque de donneurs de sang
Dr Ross MacGillivray

Dr Ross MacGillivrayQue se passerait-il si vous aviez besoin d’une chirurgie cardiaque mais qu’il n’y avait pas suffisamment de sang disponible pour effectuer l’intervention? Une carence en donneurs de sang au Canada représente un problème bien réel de nos jours, mais pourrait ne plus être aussi critique dans une vingtaine d’années, grâce aux travaux de recherche du Dr Ross MacGillivray. Dr MacGillivray dirige le Centre de recherche sur le sang de l’université de Colombie-Britannique (UBC), dont l’objectif ultime est de faire du Canada une société sans don de sang d’ici à 2025.

« Le problème du système de don de sang canadien actuel, c’est le manque de donneurs. Nous étudions donc des solutions de rechange », dit Dr MacGillivray, professeur de biochimie à l’UBC. « En créant des composantes artificielles, nous pourrions nous passer des donneurs. C’est un rêve à long terme, par contre. Entre-temps, nous désirons améliorer le système sanguin canadien et le rendre plus efficace. » Par exemple, les chercheurs du Centre se penchent sur des façons d’améliorer le traitement et ainsi réduire de produits sanguins afin de prolonger leur durée de vie et la conservation les besoins en dons de sang. Cette mesure profiterait à plusieurs interventions médicales, comme la chirurgie cardiaque, qui nécessite beaucoup de produits sanguins.

Selon Dr MacGillivray, il y a pénurie de personnel qualifié en science de la transfusion. « Le Canada manque tout simplement de personnel possédant l’expertise nécessaire pour faire progresser notre système sanguin », dit-il.
Dr MacGillivray entend y remédier par l’entremise d’un nouveau programme qu’il a mis sur pied en collaboration avec d’autres chercheurs du Centre et le professeur boursier d’UBC et chercheur de la Société canadienne du sang Dr Ed Pryzdial. « Nous aurons un programme qui recrutera les jeunes chercheurs et les formera afin qu’ils deviennent les chercheurs en transfusion de demain », explique Dr MacGillivray.

Le programme est financé conjointement par une subvention pour programme stratégique de formation de la Fondation des maladies du cœur et par l’Institut de la santé circulatoire et respiratoire des IRSC. Les fonds nécessaires à cette subvention proviennent du Fonds de recherche de la Fondation des maladies du cœur, une initiative de financement stratégique destinée à soutenir les programmes de recherche innovateurs et multidisciplinaires.

Le programme innovateur du Dr MacGillivray permettra aux participants de travailler avec des sommités du domaine de la science de la transfusion au Centre de recherche sur le sang, de visiter les installations de première ligne de collecte de sang de la Société canadienne du sang et de passer plus de temps en laboratoire au Canada et aux États-Unis. « Nous prévoyons établir un réseau national pour permettre à nos étudiants d’étudier dans ces laboratoires et à leurs étudiants de venir étudier à Vancouver », dit le chercheur. Présentement, le programme de formation comprend des chercheurs de l’UBC et des universités de l’Alberta, McMaster, Queen’s, de Toronto, de Washington et d’Héma-Québec de même que des services de la Société canadienne du sang de Vancouver, Edmonton, Hamilton et Toronto.

Bien que le financement offert par la Fondation des maladies du cœur permettra de soutenir de 5 à 10 étudiants par année, ce programme de formation promet de profiter à plusieurs autres par l’entremise d’ateliers scientifiques ouverts aux participants bénéficiant de financement provenant d’autres sources. « Nous avons hâte de partager nos connaissances avec le plus grand nombre de gens possible », fait remarquer Dr MacGillivray.

Hors des murs du laboratoire, Dr MacGillivray travaille sur un autre projet de longue haleine : ses deux enfants et lui sculptent présentement un totem de cèdre de 14 pieds de hauteur, qui sera terminé dans quelques années.



Sauver les cellules cérébrales après un AVC
Dre Kathryn Todd
Dre Kathryn Todd

Que se passe-t-il à l’intérieur du cerveau après un AVC? Peut-on manipuler la signalisation entre les cellules du cerveau pour améliorer leurs chances de survivre à un AVC? Dre Kathryn Todd croît que c’est possible.

Trouver des stratégies efficaces pour favoriser la survie des cellules cérébrales et réduire la mort cellulaire après un AVC, est l’objectif de Dre Todd et de son équipe de recherche.

Grâce au financement de la Fondation des maladies du cœur, Dre Todd étudie les mécanismes selon lesquels les cellules cérébrales émettent des signaux à la suite d’un AVC.

« Je désire manipuler les cellules cérébrales à l’aide de la biologie moléculaire et de la technologie génétique, afin d’émettre des signaux de survie aux neurones en difficulté », affirme Dre Todd. « Je doute qu’un seul médicament puisse un jour protéger ou venir à la rescousse des cellules cérébrales aux prises avec les effets d’un AVC. Nous expérimentons plutôt un ensemble de stratégies et d’interventions qui, appliquées chacune à un moment précis, amélioreront le sort des patients. »

Dre Todd ajoute que les liens étroits qu’entretient la Fondation des maladies du cœur avec les personnes ayant survécu à un AVC et leur famille l’aident à faire de ses patients sa principale préoccupation pendant ses travaux de laboratoire.



Prévenir les AVC chez les enfants
Dr Marc Del Bigio
Dr Marc Del Bigio

Dr Marc Del Bigio étudie la naissance prématurée chez les jeunes enfants et son lien potentiel avec un certain type de dommages cérébraux (que l’on considère être un accident vasculaire cérébral ou AVC), susceptible de provoquer la paralysie cérébrale ou des difficultés d’apprentissage. On espère que l’étude du Dr Del Bigio aidera à prévenir les AVC chez les nouveau-nés et à contribuer à la réadaptation des enfants ayant subi un AVC. Dr Del Bigio a récemment reçu le Prix commémoratif R.E. Beamish de la part de la Fondation des maladies du cœur du Manitoba pour ses recherches.

Professeur au Département de pathologie de l’Université du Manitoba, Dr Del Bigio a obtenu son diplôme de médecine en 1982 et son doctorat en 1987 à l’Université du Manitoba. Après une formation en neurochirurgie et des travaux de recherche postdoctoraux, Dr Del Bigio a poursuivi ses recherches cliniques en neuropathologie à l’Université de Toronto. Pendant ce temps, il a passé une année au Hospital for Sick Children, où il a pu constater les problèmes occasionnés par les AVC chez les enfants.

Dr Del Bigio a accepté son premier poste d’enseignement à l’Université du Manitoba en 1994. Depuis, il a reçu du financement de la part de la Fondation des maladies du cœur, des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), ainsi que d’agences locales pour ses travaux de recherche.

Possédant un niveau élevé d’expertise à la fois en clinique et en recherche, Dr Del Bigio siège présentement an Comité de neuropathologie du Collège Royal des médecins et chirurgiens du Canada. Il a été membre du Comité d’examen scientifique III de la Fondation des maladies du cœur du Canada de 2001 à 2002.



Suivre l’évolution des maladies du cœur
Dr Peter Liu

Dr Peter LiuLa Fondation des maladies du cœur savait dès 1975 que le Dr Peter Liu était un chercheur au potentiel extraordinaire lorsqu’il était étudiant en médecine à l’Université de Toronto. Cette année-là, il avait reçu le prix d’été pour les étudiants en médecine de la Fondation des maladies du cœur de l’Ontario afin de pouvoir passer ses étés à poursuivre sa formation en recherche cardiovasculaire. « Grâce à ce prix, j’ai réorienté mon intérêt pour l’immunologie vers la cardiologie », mentionne le Dr Liu. Depuis ce temps, il a contribué de façon importante à l’étude et au traitement des maladies cardiovasculaires.

Les domaines de recherche du Dr Liu portent sur le lien possible entre l’inflammation et les maladies du cœur; sur la façon dont les dommages causés par une crise cardiaque peuvent mener à l’insuffisance cardiaque; et sur la possibilité d’utiliser les découvertes effectuées en laboratoires pour offrir de meilleurs soins en milieu hospitalier. Au fil des années, la Fondation des maladies du cœur de l’Ontario a continué d’appuyer le travail du Dr Liu en lui décernant depuis 1985 une série de bourses comme chercheur principal, et en lui décernant le Prix d’excellence en recherche – FMCC / Rick Gallop en 2003.

Dr Liu est le directeur scientifique de l’Institut de la santé respiratoire et circulatoire des Instituts de recherche en santé du Canada, et le professeur de médecine et de physiologie de la chaire Fondation des maladies du cœur / Polo de l’Université de Toronto. Il est l’ancien directeur du Centre d’excellence en recherche cardiovasculaire – Fondation des maladies du cœur / Richard Lewar de l’Université de Toronto.

Dr Liu a reçu son diplôme de maîtrise à la Faculté de médecine de l’Université de Toronto en 1978 et a terminé sa formation spécialisée en médecine interne et en cardiologie à l’Université de Toronto. Par la suite, il a poursuivi ses études postdoctorales en recherche cardiovasculaire et en immunologie à l’école de médecine de Harvard à Boston.

Dr Liu est l’auteur et le collaborateur de plus de 250 publications évaluées par ses pairs, incluant des articles dans Nature, Nature Medicine, The New England Journal of Medicine, The Journal of Clinical Investigation, Circulation, Circulation Research, ainsi que de 20 chapitres de livres. Il a siégé au comité de rédaction de plusieurs périodiques scientifiques, et aux comités de révision scientifique de la Fondation des maladies du cœur, des IRSC, des National Institutes of Health, entre autres. Il a travaillé comme membre bénévole au conseil d’administration et a siégé à d’autres comités de la Fondation des maladies du cœur de l’Ontario.

Mettre à nu le cholestérol
Dre Marlys Koschinsky
Dre Marlys Koschinsky

Peu de gens sont en mesure de comprendre les indices dissimulés dans la plaque, cette accumulation de dépôts collants qui se retrouve à l’intérieur des parois des artères et qui entraîne les maladies cardiovasculaires. Mais Dre Marlys Koschinsky, elle, le comprend. En tant que chercheure de carrière de la Fondation des maladies du cœur, elle étudie certaines lipoprotéines, des composés de cholestérol et de protéines qu’on retrouve dans le sang, afin de déterminer leur rôle dans l’athérosclérose, un problème de santé caractérisé par une occlusion des artères, qui leur fait perdre leur élasticité et les rétrécit, provoquant le ralentissement ou l’arrêt de la circulation du sang. La plaque peut aussi causer la rupture des vaisseaux et entraîner la formation de caillots. Lorsque cela se produit, la circulation sanguine à l’intérieur de l’artère peut s’en trouver considérablement réduite, ce qui dans bien des cas entraîne une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral (AVC).

Les principales lipoprotéines présentes dans le sang humain, soit le cholestérol et les composés à base de protéines, sont le HDL, appelé « bon » cholestérol et le LDL, appelé « mauvais » cholestérol. Certaines personnes affichent quant à elles des taux sanguins élevés d’une lipoprotéine appelée Lp(a), que certains ont surnommée cholestérol « vraiment mauvais ». Dans le cadre de ses études en cours, Dre Koschinsky s’est donné pour objectif de comprendre de quelle façon l’apolipoprotéine(a), la protéine qui compose le Lp(a), peut jouer un rôle dans les maladies cardiovasculaires. De façon assez surprenante, l’apolipoprotéine(a) interfère en réalité avec la capacité de l’organisme de dissoudre les caillots sanguins, une des causes principales des crises cardiaques et des AVC. Ses recherches peuvent entraîner le développement de nouveaux médicaments destinés à réduire les risques associés à un taux élevé de Lp(a).

La Fondation des maladies du cœur de l’Ontario finance les travaux de recherche de Dre Koschinsky depuis 1992. En 2001, elle est devenue chercheure de carrière de la FMCO. Elle a aussi aidé la Fondation des maladies du cœur de plusieurs façons : elle a siégé au sein des comités d’examen scientifique, d’allocation des subventions et de la recherche, au sein du conseil d’administration et donné des conférences très courues lors d’activités régionales. Afin d’amasser des fonds pour la Fondation des maladies du cœur, elle a servi des repas, joué au hockey, pédalé sur le Grand vélo et frappé de nombreuses balles de golf. Dre Koschinsky détient un doctorat en biochimie de l’Université de Colombie-Britannique.

À la chasse des gènes responsables des maladies du cœur et du diabète
Dr Robert A. Hegele
Dr Robert A. Hegele

Qu’ont en commun les Hutterites de l’Alberta, les Oji-Cree de la région de Sioux Lookout et les Inuit de Keewatin? Ils ont tous été étudiés par Dr Robert A. Hegele, chercheur de carrière de la Fondation des maladies du cœur, dans sa quête pour identifier les mutations génétiques uniques qui prédisposent ces populations à des facteurs de risques associés aux maladies cardiovasculaires, tel l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle et le diabète.

Dr Hegele étudie le lien entre le diabète et les maladies cardiovasculaires en déterminant les gènes spécifiques de ces maladies héréditaires, comme ceux qui modifient la distribution des tissus adipeux autour de la taille de l’organisme. Comprendre ces mutations uniques peut livrer des indices importants permettant de mieux contrôler le métabolisme des sucres et des lipides chez les personnes prédisposées au diabète et aux maladies cardiovasculaires.

Dr Hegele et ses collègues ont été les premiers au monde à identifier le gène qui cause une forme héréditaire grave de résistance à l’insuline. Les membres affectés des familles porteuses de ce gène souffrent aussi d’hypercholestérolémie, d’hypertension artérielle, de diabète et de crises cardiaques à un âge précoce. L’étude de ces familles peut nous renseigner sur les maladies artérielles. Dr Hegele utilise des technologies sophistiquées pour réunir des données sur ces familles, soit un processus appelé phénomique, qui permet de mieux connaître les effets des gènes et de dévoiler des processus morbides encore jamais vus.

Les travaux de Dr Hegele ont donné lieu à quelque 300 publications et à l’identification de plus de 100 mutations génétiques reliées aux maladies chez l’humain. Ses recherches sont financées par la Fondation des maladies du cœur de l’Ontario depuis 1990. Dr Hegele est chercheur de carrière depuis plus de 10 ans.

Régénérer les cellules du cœur
Dre Jolanta Gutkowska
Dre Jolanta Gutkowska

Vous avez survécu à une crise cardiaque, et votre cœur en garde maintenant des séquelles. Que vous réserve l’avenir? Des médicaments, l’insuffisance cardiaque ou une greffe? Ce n’est pas l’avis de Dre Jolanta Gutkowska.

Selon Dre Gutkowska, qui prépare une percée majeure dans le domaine du traitement de l’insuffisance cardiaque, une simple injection d’hormone pourrait réparer les dommages. La chercheuse de la Fondation des maladies du cœur croit que le secret de la régénération des cellules cardiaques réside dans une hormone qui joue un rôle important à la naissance : l’ocytocine (OT).

« L’OT est une hormone reproductrice bien connue chez la femme, mais nous croyons qu’elle peut aussi réparer les dommages au cœur », dit Dre Gutkowska qui a conçu son idée révolutionnaire d’après plusieurs découvertes suggérant que l’OT est aussi une hormone cardiovasculaire. « La recherche révèle que les hommes comme les femmes possèdent l’OT. Notre équipe a aussi découvert cette hormone et ses récepteurs dans le cœur. » De plus, Dre Gutkowska et ses collègues ont démontré que l’OT est active dans le cœur des fœtus et qu’elle peut jouer un rôle dans le développement des cellules cardiaques.

« Nous prévoyons injecter de l’OT dans les tissus cardiaques endommagés afin de stimuler la croissance de nouvelles cellules », dit Dre Gutkowska. Son équipe essaiera également d’utiliser l’OT afin de créer des cellules cardiaques pour les implanter dans un cœur cardiaque et ainsi « recharger » l’organe.

Parce que les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès et d’invalidité au Canada, l’innovation en matière de recherche de Dre Gutkowska revêt une signification importante. « L’utilisation de l’OT pour rétablir la fonction cardiaque serait un remarquable bond en avant pour la recherche cardiovasculaire, dit-elle. Nous verrions bientôt apparaître des traitements entièrement nouveaux pour les patients cardiaques. »

Le programme de recherche de Dre Gutkowska est financé conjointement par une subvention d’Équipe en voie de formation de la Fondation des maladies du cœur et l’Institut de la santé circulatoire et respiratoire des IRSC. Les sommes nécessaires à cette subvention proviennent du Fonds de recherche de la Fondation des maladies du cœur, une initiative stratégique de financement destinée à appuyer les recherches innovatrices et multidisciplinaires. L’étude d’une durée de cinq ans, dont les travaux se tiennent au CHUM, pavillon Hôtel-Dieu de Montréal, est entreprise par une équipe de cinq chercheurs aux expertises diversifiées en physiologie, anesthésiologie et autres disciplines.

La Fondation des maladies du cœur est fière de compter la Dre Gutkowska parmi les chercheurs qu’elle subventionne. Dre Gutkowska est une passionnée de la recherche qui a consacré près de trois décennies à la recherche scientifique. Elle a récemment été nommée professeure honoraire des sciences médicales par le président de la Pologne, Aleksander Kwasniewski.

Dernière révision juin 2008.